Lumbini et Chitwan

En décembre dernier, nous sommes revenus deux semaines au Népal. En décembre, le ciel est clair, ce qui permet de randonner sur le versant sud de l'Annapurna en admirant les sommets,  cachés dans la brume de chaleur au printemps (Mardi Himal, article suivant).  Un autre avantage de cette période est qu'il fait frais même en basse altitude, et nous avons donc commencé notre voyage par quelques jours dans la partie la plus basse du Népal, le Terai, en visitant le lieu de naissance du Bouddha, Lumbini, puis la jungle du parc national de Chitwan, à la rencontre des éléphants, rhinocéros et crocodiles, mais pas des moustiques, absents en cette saison.

Le site de Lumbini, à quelques kilomètres de la frontière indienne, s'étend sur plusieurs kilomètres et est divisé en deux parties: d'un côté, le lieu de naissance du Bouddha, où subsistent des vestiges très anciens; de l'autre, des monastères répartis dans un grand parc, contruits à partir des années 1970, à l'initiative de l'Unesco, par les différentes communautés bouddhistes du monde. Un grand canal relie les deux parties et donne au site un petit air de Taj  Mahal sinon de Versailles.

En bordure de l'étang au bord duquel serait né le Bouddha historique, un grand banyan voisine avec des ruines datant des siècles suivant cette naissance (-623 av. J-C) et avec un bâtiment blanc de construction récente qui recouvre les vestiges marquant l'endroit exact où sa mère Maya Devi aurait accouché:

 


La colonne de grès à gauche du bâtiment, qui date du 3e siècle avant J-C, porte une inscription attribuée au roi Ashoka, indiquant que le Bouddha est né ici.

La petite vidéo suivante permet d'entendre la prière d'un moine assis au bord de l'étang.

https://drive.google.com/file/d/1V5jUmNaLx8JIUJvkxdnsAPj40ASxQhsF/view?usp=sharing

Dans la partie monastique moderne, plusieurs monastères s'organisent autour d'un bel étang parsemé de fleurs de lotus.

Monastère népalais (bouddhisme tibétain), construit avec l'aide de la fondation allemande Tara Stiftung.

A droite, un monastère chinois.

Dans un autre secteur se trouvent un monastère thailandais, à l'architecture élégante, mais à la décoration minimaliste,

 à côté d'un monastère cambodgien bien plus exubérant,

 


et d'une pagode birmane.

Les moines ne sont pas les seuls habitants permanents du site.


La route entre Lumbini et Chitwan était en travaux lors de notre passage: 80 kilomètres en 4 heures, le plus souvent dans un océan de poussière...

https://drive.google.com/file/d/1cUc0gU_Ta9unRptywsriEe3d-HRObuni/view?usp=sharing

Mais notre arrivée à Chitwan nous a tout de suite rendu le sourire. Alors que nous prenons possession de nos chambres, un employé de l'hôtel nous prévient qu'un rhinocéros circule en bordure du jardin.

 

Après avoir marqué son territoire,


 il se dirige vers une délicieuse mare de boue située entre l'hôtel et la rivière

pour y passer la nuit.

Pour notre part, nous suivons prudemment le petit sentier qui mène de l'hôtel à la rivière en traversant le territoire du rhinocéros endormi pour aller dîner au restaurant situé au dessus de la rivière.

Le repas est agrémenté par un joueur de sarangi.

https://drive.google.com/file/d/1DuWcQIGJbzCoAWoP8onjf4XVkSP7AxgW/view?usp=sharing

Nous assistons ensuite dans un petit théâtre voisin à un spectacle de danses traditionnelles Tharu. Les Tharu sont les premiers habitants de cette région.

La danse du bâton:

https://drive.google.com/file/d/1UvJ4zOUDAA_vCOw84CcRhfgHjA4JBZpQ/view?usp=sharing

Et la danse du paon, en attendant de voir le lendemain l'original dans la jungle:

https://drive.google.com/file/d/1xfBE_OsSd2uRrV8q35GK3pPNthVHDkyc/view?usp=sharing

Le lendemain matin, notre voisin de la veille au soir n'est plus dans sa mare de boue, mais une silhouette émerge de la brume au bord de la rivière. Est-ce le même ou un autre, nous ne nous approcherons pas pour le lui demander.

Nous faisons ensuite une promenade à dos d'éléphant.



C'est un bon moyen d'observer la jungle car on a une bien meilleure vue à hauteur d'éléphant qu'à hauteur d'homme.

Contrairement à maman rhinocéros et à son petit sur la photo précédente, cet éléphanteau n'est pas sauvage mais est le petit d'une de nos montures.

De retour près de l'hôtel, nous suivons la rivière jusqu'à un belvédère surplombant un banc de sable apprécié par les crocodiles du secteur pour faire la sieste.

En haut de la photo, le crocodile au museau allongé et aux "lunettes noires" est un gavial, une espèce endémique du bassin du Gange qui ne mange que des poissons. Tandis que son voisin plus trapu du bas de la photo est un crocodile des marais, un carnivore opportuniste qui s'attaque parfois aux humains imprudents.

En attendant l'apéritif au bord de la rivière mais à l'abri des crocodiles:

Nous poursuivons par une promenade en pirogue.

Il y a du monde sur les berges


 mais aussi dans l'eau, bien qu'en principe ce soit l'heure de la sieste pour les crocodiles...

Observez bien la photo suivante, l'un des troncs d'arbres n'en est pas un...

Nous allons peut-être accoster ailleurs...

Les berges abritent aussi de nombreux oiseaux: martin pêcheurs,

ibis,

et la star locale, que nous avons déjà vu au théâtre le soir précédent.

La vidéo suivante est tournée juste avant que nous apercevions ce paon.

https://drive.google.com/file/d/1yILheWhgz-L-d3-K7TYInOjzytDxYxZx/view?usp=sharing

Et nous accostons.


 Après un quart d'heure de marche en lisière d'une clairière occupée par des buffles,

nous arrivons à l'Elephant Breeding Center, un centre public (géré par des rangers du parc) d'élevage d'éléphants.

Il y a à peu près autant d'éléphants domestiques que d'éléphants sauvages au Népal (150-200). Les éléphants se reproduisent mal en captivité, mais le centre a une arme secrète: un imposant mâle sauvage des environs, surnommé localement "Ronaldo", surgit régulièrement de la forêt pour chercher aventure auprès des éléphantes du centre, qui n'est pas fermé.

Et justement, peu après notre arrivée, le voilà qui s'approche.

Il se dirige vers la barrière qui sépare les visiteurs des pensionnaires du centre.

La barrière ne résisterait pas aux 5 tonnes de "Ronaldo" mais ce n'est pas nous qui l'intéressons.


Après avoir vérifié d'un coup de trompe bien dirigé si sa promise est réceptive à ses avances, il constate que ce n'est pas le bon jour et repart dans la forêt.

Le centre est très fréquenté par les groupes de lycéens ou d'écoliers de la région. Nous avons discuté avec un jeune manifestement ravi de rencontrer des touristes européens (peu nombreux à Chitwan lors de notre passage) en plus des éléphants.

Le centre est relié à la route par un pont suspendu, un accès plus rapide que par la pirogue.

En revenant vers notre hôtel, nous traversons la campagne qui jouxte le parc, et avons un avant-goût de la suite du voyage. L'Himalaya (à une bonne centaine de kilomètres sur cette photo) nous attend!

Il y a des tigres et des léopards à Chitwan. Nous n'en avons pas vu mais nous croisons un de leurs petits cousins dans un village (pas si fréquent dans les villages népalais ou il y a surtout des chiens errants).

La voiture qui nous ramène ensuite à notre hôtel se prépare à doubler prudemment un véhicule local.

Pas de rhinocéros pour notre dernière soirée dans le Terai, mais un beau coucher de soleil sur la rivière!







Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Kathmandu et Bhaktapur

Mardi Himal